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Les gens de Rochevilaine



Les « Gens » de ce portrait sont des Billiotins d’adoption, des Billiotins d’exception, des Billiotins de passion. Ils ont réussi en un demi-siècle à donner une identité à notre pointe de Penlan, à lui donner une renommée. Ce littoral, trop longtemps ignoré, entre la presqu’île guérandaise et le Golfe du Morbihan est maintenant une étape, un lieu de curiosité, de promenade, de villégiature. Ils s’appellent Henri Dresch, Jean-Pierre Liégeois, Bertrand Jaquet. Ils se sont passés le flambeau de ce site devenu prestigieux : Rochevilaine.


Les créateurs de Rochevilaine


Henri Dresch, le fondateur...



Il y a 70 ans cette pointe des landes sortait blessée de la guerre. Les bunkers avaient poussé sur le terrain ravagé par le chantier de la guerre, les quelques habitations de l’époque avaient subi d’importants dommages. Ainsi, la maison, que l’on nomme maison carrée, cette grande bâtisse blanche construite à proximité du corps de garde de Rochevilaine était constellée de trous d’obus : elle avait servi de cible à l’artillerie allemande postée de l’autre côté de l’estuaire, à Pénestin. Un homme se porte alors acquéreur de cet endroit dévasté, persuadé de son charme et de son potentiel. Il s’appelle Henri Dresch, il a 50 ans. En un demi-siècle, il a déjà vécu plusieurs vies. Pilote d’essai dans l’aviation, passionné de mécanique, industriel constructeur de la fameuse moto à la couleur caractéristique (le rouge Dresch), homme de cirque fondateur du « Circus Dresch », armateur de bateaux de pêche dans les Côtes d’Armor. Henri Dresch est un homme passionné, un créateur, un visionnaire. En 1949, il achète l’île Dumet et une maison à la Roche-Bernard, et c’est lors de ses nombreux voyages entre ces deux lieux qu’il tombe sous le charme de la pointe de Penlan.



Il achète les lieux entre 1950 et 1955, parcelle après parcelle : l’ancien corps de garde, la maison carrée et les terres alentours. Il entame ensuite les travaux de remise en valeur pendant 5 nouvelles longues années. Il nivelle, il nettoie et fait de singulières découvertes comme cette fameuse Pierre de Tanit, représentant un personnage bras levé semblant prier le ciel.



Ce qui deviendra plus tard le domaine de Rochevilaine commence à prendre forme. Dresch se lance dans un vaste projet : reconstruire sur son domaine l’héritage architectural breton. Il trouve dans la région des édifices en ruine dont il rachète tout ou partie. Il les fait démonter, les transporte jusque Penlan pour les faire reconstruire. Les habitants de Billiers regardent avec beaucoup d’étonnement ces longs transports de pierre. On le prend pour un hurluberlu, mais Dresch s’insère dans la vie économique locale et sait se faire adopter. Il ne fait appel qu’à de la main d’œuvre locale et sait se montrer généreux. Disponible et accessible, on le voit souvent se promener sur le port en vareuse bleue avec son épagneul breton Kim. Il est connu pour ses pourboires. Son domaine se dote de nouveaux bâtiments et très naturellement pour répondre à la demande il devient hôtelier et restaurateur en créant un petit restaurant-crêperie. Bertrand Jaquet nous explique « Dresch bien avant que ce ne soit à la mode, et sans prémonition, invente le concept de gîtes et chambres d’hôtes. Un peu victime de son succès, il s’organise pour répondre aux nombreuses demandes des gens qui veulent séjourner ou juste manger ». Et le succès transforme rapidement Rochevilaine en un chantier permanent : de nouveaux bâtiments, un nouveau restaurant. Il reçoit des hôtes prestigieux : Georges Pompidou, Philippe de Rotschild et la firme Citroën y fêtera ses 50 ans.

Fatigué, malade, Dresch meurt en 1978, il restera une figure de Billiers et garde la sympathie de nombreux habitants. Ils se rappellent cet homme qui pour le Domaine ne se fournissait qu’auprès des pêcheurs de Billiers et qui avait financé l’équipe de football de la commune.


Jean-Pierre Liégeois, le médecin...



Le Domaine connaît quelques soucis de succession à la suite du décès d’Henri Dresch jusqu’à l’arrivée du Docteur Liégeois. Il restera quelques années à l’abandon, avant que ce docteur d’origine vannetaise ne devienne propriétaire des lieux en 1987. Dresch fut l’architecte du Domaine, Jean-Pierre Liégeois en sera l’aqua-thérapeute. Il a une idée en tête : créer un grand centre d’aqua thérapie. Les premiers centres de thalasso et de balnéo ont vu le jour ces dernières années, il souhaite rejoindre ce mouvement.

Un matin une grande secousse affecte la pointe. Une large charge de dynamite vient d’ouvrir l’emplacement des futures réception et piscine. Le projet du docteur Liégeois est en œuvre. Cette aventure ne peut être dissociée d’un autre personnage : René Noël, phytothérapeute originaire des Vosges.



Les deux hommes partagent les mêmes passions : les champs magnétiques, les forces telluriques, la connaissance des plantes. René Noël a inventé dans son petit centre de balnéothérapie en Moselle le principe des tables phéniciennes, des tables chauffées par un circuit d’eau interne. Pour Jean-Paul Liégeois, il n’y pas de hasard. Cet homme de l’Est qui créé des tables phéniciennes, quand lui investit sur des terres autrefois occupées par les phéniciens : un contrat est signé entre les deux hommes. René Noël installera ses tables phéniciennes dans le Domaine, fournira plantes, onguents et huiles essentielles et formera le personnel aux massages.

Le Docteur Liégeois, en passant du médical au bien être, a trouvé une recette de progression de Rochevilaine. Il a su également attirer et retenir un cuisinier talentueux, Patrice Caillault. Il comprend maintenant qu’il faut entre la cuisine, l’hôtellerie, la balnéothérapie, trouver un chef d’orchestre, capable de mettre tout cela en musique et trouver l’harmonie.


Bertrand Jaquet, le chef d'orchestre...


Henri Dresch a construit le Domaine, Jean-Pierre Liégeois lui a consacré son espace bien-être grâce au centre aqua phénicia, Bertrand Jaquet vient œuvrer pour la synthèse de ces différents projets, donner une unité et un avenir au Domaine de Rochevilaine.

Bertrand Jaquet a fait ses armes au Grand Hôtel de Solesmes dans la Sarthe. Il rachète cet ancien relais de poste à ses parents, le transforme, l’agrandit et s’empare de la cuisine jusqu’à obtenir sa première étoile au Michelin. Passionné, Bertrand Jaquet fourmille d’idées et a une conviction : fédérer et mutualiser autour d’une offre d’hôtellerie. Il devient ainsi un précurseur en France sur la création de chaîne d’hôtels autour d’un label de qualité. Son activité s’accélère jusqu’à créer une chaîne internationale qui regroupera jusqu’à 600 établissements. Bertrand Jaquet passe alors sa vie dans les aéroports, courant d’un nouvel adhérent à un tour opérateur à un fournisseur. Après 20 ans d’activités frénétiques, il aspire à un autre rythme et croise le docteur Liégeois. Il rencontre un site extraordinaire, le potentiel de la balnéothérapie, de l’hôtellerie et de la restauration. Un nouveau challenge !

Bertrand Jaquet demande carte blanche pour mener à bien les évolutions nécessaires. Il s’adjoint la collaboration d’une décoratrice, redéfinit la politique de communication, nomme chaque bâtiment (closerie de la Mine d’Or, manoir des Cardinaux, manoir de l’orient, etc.), installe une galerie d’art. Bertrand Jaquet s’occupe de tout jusqu’au moindre détail. Il connaît le sens de la formulation et introduit la notion de « spa marin » afin d’améliorer l’offre de Rochevilaine en balnéothérapie. Après des années d’améliorations, de travaux, et de décorations, Bertrand Jaquet devient propriétaire en 2004.


De Henri Dresch à Bertrand Jaquet, Rochevilaine a vu se succéder des hommes passionnés, des hommes visionnaires, qui ont su donner à la Pointe de Penlan une identité originale et forte. Quel que soit le prestige de l’activité, Rochevilaine a toujours su s’insérer dans la vie économique locale et s’ouvrir aux manifestations de la commune. Avec une soixantaine d’employés, un budget d’investissement important, une ouverture 7 jours sur 7 toute l’année, Rochevilaine est un acteur économique majeur de notre commune.